Donald Trump veut "fermer" les réseaux sociaux suite aux signalements de ses publications

Donald Trump veut « fermer » les réseaux sociaux suite aux signalements de ses publications

  • Valerie Hommez
  • 28 mai 2020

Donald Trump menace de fermer les réseaux sociaux. Ce mercredi, le Président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, a menacé de fermer ou de restreindre l’accès aux plateformes des réseaux sociaux, suite à la mise en garde de Twitter et de certains messages identifiés comme trompeurs et méritant d’être vérifiés. C’est la première fois qu’une telle initiative était réalisée par le média, ce qui a déclenché la fureur du Président Trump.

« Les républicains ont le sentiment que les plateformes de réseaux sociaux censures totalement les voies conservatrices, nous allons les réglementer sévèrement ou les fermer pour empêcher qu’une telle chose se produise » a communiqué Donald Trump. « Twitter a maintenant démontré que tout ce qu’on disait d’eux est correct, une action de grande ampleur à venir » menace-t-il- sans autre précision. Si ce n’est pas la première fois que l’homme le plus puissant du monde, s’attaque de front à Twitter, la plateforme est également, elle aussi, habituée de critiquer les propos tenus par les élus américains, mais c’est la première fois cette semaine, qu’était ajoutée à une information la mention « vérifier les faits ».

Une mise en garde qui a fait bondir le Président Américain. En effet, l’héritier de la dynastie Trump affirmait que le vote par correspondance pouvait être frauduleux car difficilement contrôlable. En pleine année des élections américaines qui auront lieu en novembre, le président a fait peser des doutes sur les modalités de l’organisation du scrutin.

« Twitter étouffe la liberté d’expression » accuse le Président qui compte plus de 80 millions d’abonnés, et d’ajouter qu’il s’agissait d’un mensonge éhonté. Donald Trump réfute l’idée que l’on puisse mettre en doute ses propos, et attaque Twitter pour avoir osé le ridiculiser.

Il a, dès lors, menacé de prendre des sanctions historiques à l’encontre du média, mais qui selon les observateurs avertis paraissent bien difficiles à mettre en application. Donald Trump a également porté des accusations contre les réseaux sociaux pour avoir essayé d’influencer la campagne présidentielle de 2016 qui l’a vu finalement triompher.

C’est dans l’optique de ce scrutin majeur, qui se déroulera fin d’année, que la petite guerre a été déclenchée. Revenant sur les tentatives d’intrusion au sein du scrutin d’il y a 4 ans, Donald Trump ajoute que « Nous ne pouvons pas laisser qu’une version plus sophistiquée de ça se produise encore une fois ». Un conflit ouvert entre le patron de Twitter, Jack Dorsey, et le résident de la Maison Blanche qui semble bien sur le point de connaître son apogée. Si le patron du réseau social n’a pas voulu envenimer les choses, il n’est pas certain que Donald Trump, lui, se contente de menaces.

Il est reproché au Président des États-Unis de régulièrement soutenir des théories du complot. Il est reproché aussi à Donald Trump de répandre des informations erronées volontairement ou involontairement, comme lors de cette affaire contre l’élu républicain, Joe Scarborough, aujourd’hui devenu journaliste, que le Président des États-Unis d’Amérique accuse d’avoir assassiné son assistante personnelle, Laurie Klausutis en 2001. La jeune collaboratrice avait été retrouvée assassinée dans le bureau de l’élu, et après une enquête approfondie des services de police, aucune charge n’avait été retenue contre Joe Scarborough.

Il y a quelques jours, Donald Trump revenait sur cette affaire sur les réseaux sociaux et suggérait de réouvrir ce  » Cold Case « , qui selon lui a été classé trop rapidement. Également journaliste et présentatrice à la télévision américaine, la femme de Scarborough avait pris la défense de son mari en insultant publiquement le Président en fonction. Donald Trump n’en n’était pas à son coup d’essai en utilisant les réseaux sociaux pour faire naître des rumeurs, comme lorsque lors de la campagne électorale, il avait affirmé que Barack Obama n’était pas né sur le sol américain mais bien en Afrique, au Kenya, et que donc l’élection de ce dernier devait être invalidée.

Bien qu’il ait menacé directement et frontalement les différents réseaux sociaux de limiter leur liberté d’action, voir même de les fermer, il semblerait bien selon les juristes que le premier amendement de la Constitution américaine qui régit notamment la liberté d’expression, l’empêcherait d’entreprendre une telle action.

En cette année électorale, Donald Trump semble déjà poser les jalons d’une campagne qui s’annonce très agressive. Certains observateurs annoncent, que vu les bons résultats économiques de l’administration Trump, sa réélection devenait tout simplement possible. Mais depuis est passée la crise de la pandémie du covid-19, et la gestion de celle-ci par le gouvernement des États-Unis a été extrêmement critiquée. Régulièrement taxé de mener une politique laxiste, et de ne pas avoir pris toutes les mesures sanitaires nécessaires pour enrayer la propagation du virus sur le territoire américain, les observateurs émettent l’hypothèse que cette crise du covid-19, sera le clou dans la chaussure de Donald Trump et l’empêchera de décrocher un deuxième mandat.

Visiblement, le Président Américain n’a pas du tout apprécié la manière dont Twitter a décidé d’informer ses abonnés sur la véracité des propos tenus par Donald Trump sur le réseau social. Il aura vécu certainement cette mise en garde comme une agression personnelle et comme une tentative d’intrusion dans une campagne électorale qui s’annonce des plus ardues pour lui et pour son parti.

Mais comme l’expérience l’a déjà prouvée en 2016, il ne faudrait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, car très peu d’observateurs et de spécialistes de l’époque aurait misé le moindre centime sur la victoire du magnat de l’immobilier. Et pourtant malgré ses déclarations agressives, des remarques déplacées envers la gente féminine, un programme économique critiqué ou la promesse de construire un mur entre les États-Unis d’Amérique et le Mexique, ce fut quand même bien lui qui a été élu.

 

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Si certains états sont encore loin de lui être fidèles, d’autres par contre se réjouissent de son élection et sont très heureux des mesures prises par le Président Trump notamment en matière économique. À sa décharge, son bilan, notamment concernant les chiffres du chômage, est plutôt positif (avant la récession due à la pandémie), et les plus conservateurs apprécient sa manière d’agir sur le plan international.

C’est aujourd’hui dans une lutte avec les réseaux sociaux et avec la presse en général, que le futur candidat a décidé de se lancer dans un bras de fer afin de montrer que toute attaque envers lui et que toute tentative de déstabilisation, connaîtront une réponse immédiate est proportionnelle.