Emmanuel Macron est pressé de commencer un nouvelle aventure

Emmanuel Macron est pressé de commencer une nouvelle aventure

  • Tony
  • 11 mai 2020

Emmanuel Macron: Jean-Christophe Cambadélis, ancien patron du ps et proche de Dominique Strauss Khan, s’est retiré de la politique il y a quelque temps, mais reste actif dans l’analyse politique. Il est l’invité du Grand Entretien du Week-end et s’est confié à Emmanuel Beretta pour le magazine « Le Point ».

Selon lui, Emmanuel Macron songe secrètement à faire un virage politique autour de l’écologie. Le président Macron gagnera-t-il la sympathie des Français après la crise sanitaire ? Est-ce que la situation mettra-t-elle un terme à la collaboration entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe ? Voici ses confidences :

Le Point : Edouard Philippe a dit craindre l’écroulement du pays alors qu’Emmanuel Macron refuse ce terme et définie la crise sanitaire comme un « choc massif », pensez-vous que c’est juste une différence de vocabulaire entre les deux hommes ?

Jean-Christophe Cambadélis : au-delà de la crise sanitaire que connaît la France et qui entraîne avec elle, une crise économique des plus importantes, c’est la chute de l’Etat jacobin que doivent être confrontés les deux têtes de l’Exécutif. Tout d’abord, un état imprévoyant et en témoigne le manque de masques, de lits, de respirateurs et de tests. Une misère logistique pour la 6ème puissance du monde.

Il y a un état omnipotent, il suffit de voir les dispositions hallucinantes mises en place par le ministre de l’Éducation nationale en ce qui concerne la réouverture des écoles, avec une administration lente et qui est loin d’être claire.

Je pense qu’il faut rebâtir un équilibre entre l’Etat jacobin et les collectivités sinon la France ne s’en relèvera jamais. Pour l’histoire, lors des Trente Glorieuses, Michel Debré avait lancé, en 1958, la Commission Rueff qui avait préparé la France à se relever tout doucement de la crise. En analysant cela, je pense que c’est la fin pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Ce dernier me fait penser à Chirac face à Giscard, il essaye de s’affirmer avec le peu de moyen pour remédier à la crise. Et en ce qui concerne Emmanuel Macron, il prépare sa reconversion vers un Green Deal à la Française. Tous les éléments sont là pour voir qu’il en a très envie.

Le point : Dans toutes les crises, il y a de nouveaux intervenants. Que pensez-vous du professeur Raoult ?

J.C. Cambadélis : Les français sont déçus par cette monarchie républicaine. C’est exactement ce que reflétait la situation des Gilets Jaunes à l’époque. Le professeur Raoult arrive avec son apparence singulière, propose et affirme avec une aisance déconcertée qu’il y a une solution pour éradiquer le Covid-19. Je crois que l’on ne doit pas prendre Le Dr Raoult pour ce qu’il dit, mais pour celui qui est une sorte de sauveur pour la population.

Le point : Le confinement a été établi par l’accès interdit des parcs, des plages. Les événements culturels et les concerts tout simplement annulés. La pratique de l’activité physique dans un rayon maximal d’1 kilomètre…Était-ce vraiment indispensable de prendre ses mesures pour freiner la propagation du virus ?

J.C. Cambadélis : C’était comme le jour où la vitesse maximale est passée à 80km/h sur tout le territoire, rien n’a vraiment changé concernant les accidents de la route. Tout vient de Bercy et de la Haute administration dont la spécialité est d’infantiliser les Français. Ils ne font pas du sur-mesure mais du prêt-à-porter. Il n’y a pas la certitude que les choses changeront. L’état impose et les français n’ont qu’à accepter les décisions.

Le Point : On a vu des grands élus locaux venir pallier les défaillances de l’Etat. Emmanuel Macron, jacobin depuis sa prise de pouvoir, peut-il vraiment déléguer pour une décentralisation plus poussée ?

J.C. Cambadélis : Je pense que les élus devraient se mobiliser et proposer une autre France. Nous sommes dans un contexte historique et les Français sont prêts à connaître une autre France. Nous sommes dans un contexte historique. Toutes les conditions s’y prêtent !

Le Point : Emmanuel Macron a évoqué un monde différent après la crise. Un monde ou la protection et l’humilité seraient pris en compte. J’imagine que vous allez saluer ce virage à gauche…

J.C. Cambadélis : Le président Macron n’a pas vraiment l’intention de virer à gauche mais il pense à un virage écologique, ce qui pourrait lui faire gagner de la sympathie aux yeux des citoyens. Il pense que c’est une nécessité pour la France et que les français ont besoin de connaître cela. Il avait déjà évoqué les prémices de ce projet lors de la Convention Citoyenne. Comme à droite, ils sont nombreux à la course à la présidentielle et que dans les autres partis, personne ne se distingue, le Président Macron espère rebondir. Il sous-estime la situation où les entrepreneurs auront pour seule préoccupation, celle de vendre et les consommateurs, celle de garder leur emploi. Je ne crains que cela n’entraînent encore plus de chômeurs !

Le Point : Avant la crise sanitaire, les pronostics montraient une nette hausse de la droite à la présidentielle de 2022 et que Macron récupérerait d’anciens électeurs de droite. Craignez-vous que la majorité ne bascule dans les extrêmes ?

J.C. Cambadélis : Les cartes sont sur la table ! Tout est possible pour les prochaines élections présidentielles. C’est ce qu’il en sortira des défis face aux Français qui déterminera le prochain président de la République.

Le Point : Le chef de l’Etat a évoqué l’Union nationale. Pensez-vous que le parti socialiste doit y contribuer et à quelles conditions ?

J.C. Cambadélis : Comme je l’ai dit, cela ne concerne pas le Parti socialiste. La grande coalition n’est pas dans notre ADN politique. La tâche à accomplir est toujours nécessaire à gauche. C’est un gros effort intellectuel qui doit être fait là et la France en a grand besoin.

Le Point : Après une crise comme celle-ci, peut-il se passer d’un retour à la course aux présidentielles ?

J.C. Cambadélis : L’avenir nous le dira. Est-ce que nous connaîtrons de nouveau le confinement, connaîtrons-nous une économie au plus bas ou au contraire, verra-t-on les deux avec une révolte du peuple ? Emmanuel Macron tentera cette stratégie écologique Cela peut passer face aux français sans les consulter.

Le Point : Que disent nos voisins de la France, eux qui n’ont pas eu recours à des lois aussi radicales lors de la crise sanitaire ?

J.C. Cambadélis : Nous sommes réputés pour être peu disciplinés et je pense que les Français ont respecté les consignes.

Le point : Prenez-vous au sérieux l’éventuel éclatement de l’Union Européenne déjà annoncé à plusieurs reprises en raison d’un arrêté de la Cour Constitutionnelle de Karlruhe?

J.C. Cambadélis : Pour les dirigeants du SPD, l’Allemagne veut une Europe allemande et non une Allemagne européenne. Entre deux contacts franco-allemands, cela ne va pas être facile. La France a toujours couru au secours des problèmes qu’à connu l’Allemagne, et cela devrait être réciproque.

Tony

Tony Drouhin - Rédacteur web passionné par la culture et par l’actualité. Je me fais un devoir de tenir mes lecteurs informés sur les dernières news.