France 2 : La série « Dix pour cent » arrive, interview de Cédric Klapisch

  • Carole Roldane
  • 30 septembre 2015

Dès le 14 octobre, puis le mercredi 21 octobre sur France 2 dès 20h55 -un second numéro à 21h45 vous pourrez suivre la série « Dix pour cent » notamment produite par Cédric Klapisch (L’Auberge espagnole) qui en est également le directeur artistique et le réalisateur avec des guests comme Cécile de France, Camille Cottin, Joey Starr, Julie Gayet, François Berléand, Nathalie Baye, Laura Smet ou encore Audrey Fleurot.  

« Pour les acteurs connus, faut du culot et une bonne dose d’humour et de second degré pour accepter de porter ce drôle de costume sur un faux soi-même… »

Pourquoi tant de refus ?
« Ce n’est pas forcément facile d’assumer de jouer un personnage qui porte son nom. Cécile de France joue ainsi ici une fausse Cécile de France. Il faut du culot et une bonne dose d’humour et de second degré pour accepter de porter ce drôle de costume sur un faux soi-même…
Beaucoup ont sans doute aussi eu un peu peur du côté « télé » ; il y a encore une énorme barrière, une hiérarchie très forte qui existe pour bon nombres d’acteurs en France (je crois que ce n’est plus le cas aux États-Unis). On a été un peu surpris de ces réactions, mais on a d’autant plus apprécié ceux qui plongeaient avec nous et avec enthousiasme dans l’aventure« .

Derrière le glamour, quatre agents font équipe mais ce sont quatre travailleurs de l’ombre très différents…
« La question « comment des personnalités différentes vont-elles parvenir à s’associer » est, pour moi, au coeur de la série (comme elle l’est d’ailleurs dans presque tous mes films). Dans un même lieu se retrouvent des gens qui n’ont aucun rapport les uns avec les autres et qui doivent réussir à cohabiter. Un microcosme où circulent jalousie, haine, amour, jeux de pouvoir. C’est forcément intéressant à observer…Montrer l’envers du décor, est-ce une manière de rendre hommage à cette profession ?
C’est ainsi que je comprends Dix pour cent. Il ne s’agit pas seulement des 10 % du salaire d’une star que l’agent touche. Pour moi cette série parle en général de tous ceux qui vivent dans l’ombre derrière des gens importants. Ce n’est pas du tout spécifique au showbiz.
À l’heure où les séries regorgent de flics, d’avocats, en prise directe avec toutes vicissitudes de la vie quotidienne, cela nous amusait de choisir comme protagonistes des agents qui travaillent, eux, derrière les stars et les paillettes dans un bureau banal.
Plonger dans les coulisses de leurs vies personnelles permet d’atteindre des drames humains qui se jouent derrière le côté « people » par le biais de la comédie. Le but est de parler de l’Humain.
Il y a dans Dix pour cent comme une mise en abyme qui permet, à mon sens, de créer un spectacle télévisuel moderne et inventif. Ce sont ici ceux qui jouent les drames qui vivent des drames. Ces acteurs, dont c’est le métier de transmettre des émotions, les vivent, et subliment ainsi ce que tout un chacun peut ressentir dans sa propre vie.
Au fond dans Dix pour cent on ne fait que revenir au sens littéral du mot « people ». Les people sont des gens… ».