François Fillon, en guerre frontale contre Emmanuel Macron ?

François Fillon, en guerre frontale contre Emmanuel Macron ?

  • Carole Roldane
  • 16 avril 2020

François Fillon: Tout comme la majorité des pays de la planète, la France fait face à l’épidémie du Coronavirus. Le pays compte à ce jour 131 362 cas officiels de personnes contaminées et 15 750  personnes décédées. 5 107 personnes, dont 475 cas jugés graves, sont en réanimation actuellement sur toute l’étendue du territoire de la France métropolitaine.

Même si les services médicaux ont réussi à guérir et faire sortir des hôpitaux 29 121 personnes, on est loin d’être tiré d’affaire, car 20 946 autres sont toujours hospitalisées.

Des chiffres non négligeables qui donnent la parole aux opposants du gouvernement actuel pour relever la mauvaise gestion et le manque d’anticipation du président Emmanuel Macron face au COVID-19. Parmi eux, une figure un peu inattendue, François Fillon. Cet article évoque les récentes déclarations de l’ex-Premier ministre relayées par le Figaro qui cachent peut-être une guerre frontale.

François Fillon donne son exemple de gestion de crise

Le 29 mars dernier, l’ancien candidat à l’élection présidentielle souligne dans ses propos que le président de la République n’a pas pris la mesure du problème vraiment au sérieux. Il fait référence à la crise sanitaire actuelle. Selon lui, plusieurs actions auraient dû être menées en guise d’anticipation.

Ayant été Premier ministre lors de la crise de la grippe H1N1 en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, quoi de plus normal d’évoquer sa propre expérience de cette époque. Fillon affirme que le président Sarkozy était fortement proactif en donnant des instructions fermes pour faire face au pire des cas.

En exécution des instructions, Fillon aurait insisté sur l’importance de commander des millions de masques, des vaccins et des traitements antiviraux. L’Europe entière était dans le même besoin pendant cette période et l’approvisionnement s’annonçait compliqué. Avec Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé, ils ont dû se battre comme des lions pour forcer les laboratoires à livrer le stock commandé. Au total, ce stock est constitué de :

  • 94 millions de doses de vaccins ;
  • 33 millions de traitements antiviraux ;
  • et 1,7 milliard de masques.

L’ancien premier ministre sous-entend que le gouvernement actuel aurait dû faire la même chose. Il a donc tardé à réagir. François ajoute que les masques représentent un stock de précautions pour se préparer à toutes sortes de pandémies. Ce n’est donc pas au cours d’une crise sanitaire qu’il faut commander un stock, mais bien avant. Pour lui, le stock par définition est déjà constitué dans le but de protéger.

Des propos aux allures de leçons de français et de gouvernance. Janvier 2020, à l’aube de la pandémie de COVID-19, la France avait un stock constitué seulement de 150 millions de masques. Une partie était inutilisable, car c’étaient des masques pour enfants.

Avec ces mesures en 2009, le gouvernement était fortement critiqué. La ministre de la Santé d’alors était accusée de gaspillage des deniers publics. Aujourd’hui avec la réaction tardive des autorités face au coronavirus, elle affirme recevoir beaucoup de messages de sympathie, de reconnaissance et même des excuses.

Et si François Fillon répondait à Sibeth Ndiaye ?

C’est possible que les déclarations de l’homme politique soient une réponse à une récente sortie de Mme Sibeth Ndiaye, Porte-parole du gouvernement sur une émission de BFM TV. Elle a avancé que la pénurie de masques observée en France actuellement est le résultat d’une décision prise par le gouvernement Fillon à la fin de l’épidémie de la grippe H1N1.

Elle affirme que la France disposait d’un stock d’un milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques FFP2. Selon madame Ndiaye, le gouvernement Fillon a estimé qu’on avait plus besoin d’un stock de cette nature. C’est donc ainsi que les stocks ont commencé par diminuer.

Dans un article du Point le 30 mars dernier, on se rend compte que le président Emmanuel Macron avait souhaité partager l’avion présidentiel avec Monsieur Fillon pour aller au Japon lors du G20. L’ancien premier ministre a simplement refusé la proposition prétextant éviter les foudres de l’opinion publique. Peu importe le motif, la distance est bien gardée.