Lady Gaga :  » Il y a eu un moment où je n’ai plus eu envie d’avancer » (Interview confidences)

  • Carole Roldane
  • 22 septembre 2014

Ce matin sur RTL dans  » RTL Matin », Lady Gaga a évoqué la sortie de son album en duo  avec Tony Bennet «  Sheek-to-sheek« . L’occasion pour la chanteuse de parler de son album, mais également sur ses passages délicats depuis le non-succès de son dernier album « ArtPop« .

Sur son nouvel album :
« Ça n’est pas nouveau. Personne ne savait que je chante du jazz depuis l’âge de 13 ans. Mais quand on m’a repérée dans l’industrie musicale, tout le monde a vraiment voulu diminuer la qualité de ma voix, pour la faire sonner plus radiophonique et moins théâtrale. A cette époque, j’ai eu la sensation que mon entourage ne m’avait pas comprise. Et ne m’avait pas laissé être l’interprète que je suis.  Et aujourd’hui, je donne enfin à mes fans ce qu’ils attendent de moi : c’est m’entendre chanter. J’ai cessé de penser « est-ce que ça sonne bien ? », mais « est-ce que je me sens bien ? »
Tony m’a aidée à donner du relief et de la vulnérabilité à ma voix. C’est très – je vais utiliser un mot que peu de personnes utiliseraient pour me décrire – subtile.  Ce que j’ai fait dans le passé, ça fait partie de mon art. Mais maintenant, je dois être créative vocalement. J’ai envie d’enlever mes perruques, me mettre à nue et prendre du bon temps. Quelle liberté ! Je me sens différente aujourd’hui. Et ces reprises, c’est plus classique aussi. C’est quelque chose qui me manquait tant. Et je pensais qu’après mon album « The Fame » plus jamais j’aurais pu y revenir… Mais me voilà. Peut-être que c’est une révolution. Peut-être que je ne reviendrai plus jamais à la pop music. Qui sait ? »

Sur sa dépression…
« Il y a un moment où je n’ai plus eu envie d’avancer. J’étais en train de me dire que je ne voulais plus faire de musique. Que je ne voulais plus être là. Que je ne voulais plus être dans le business… Parce qu’avec le succès arrive des disputes…  Avec les amis, la famille… Les gens deviennent tellement irrationnels avec la célébrité, la musique et l’argent… Je ne pouvais plus faire confiance à personne. Et puis j’ai pris une grande respiration, je suis rentrée chez moi, j’ai repris mes repères, j’ai préparé ma nouvelle tournée aussi rapidement que possible. Et ensuite j’ai commencé à travailler sur ce nouvel album. Et lorsqu’il a été terminé, toute cette tristesse que j’avais en moi s’est envolée. Parce que ça m’a rappelé que je méritais d’être là. J’ai travaillé très dur pour être ici. Et je sais chanter. Ces derniers mois, c’était comme un combat de boxe. Ça m’a émancipée. Ça m’a rappelé que c’est la musique qui me remplit et rien d’autre.
Ceux qui restent, ceux qui durent. C’est une question d’endurance. La question c’est : « Peux-tu endurer ? Et peux-tu te relever après une chute ? » Toutes les carrières ont des sommets, des vallées, des nouvelles réponses. Et je crois que pour les chanteuses pops, c’est très compliqué parfois… Parce qu’on vous façonne pour la gloire, pas pour la chute. Et que c’est sans pitié. Mais si tu peux survivre. Alors tu peux tout faire. Et je vais faire de la musique jusqu’à ce que je meure. »

Tony Bennett parle de Lady Gaga :
« Le jazz, c’est la seule musique que tu ne peux pas apprendre. Soit tu as le don, soit tu ne l’as pas… Et quand j’ai entendu Gaga chanter, elle improvisait naturellement aux bons moments, et je me suis dit « elle a le truc ! » C’est la première fois que le public va l’entendre chanter ainsi… Et j’aime son professionnalisme. Elle est ultra-préparée quand elle arrive en studio, elle a tout mémorisé, elle est rapide. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui soit aussi adorée que Lady Gaga. Son public la vénère. Quand on sort, il y a immédiatement cinq voitures de police, et 300 personnes qui sont là. Juste pour l’apercevoir. Elle me respecte et je la respecte. On est devenu presque comme des frères et sœurs. »

Lady Gaga au sujet de Tony Bennett :
« Tony et moi avons une connexion quasi-naturelle. Je n’ai pas été aussi heureuse depuis longtemps. Tony a complètement changé ma vie. Parce qu’il m’aime pour ce que je suis. Il est très vieille école. Et je le suis aussi même si les gens l’ignorent. Pour lui, mes tenues et ma théâtralité, c’est quelque chose que les artistes faisaient à leurs  débuts. C’est quelque chose qu’il comprend : la discipline, le respect du public. Notre différence d’âge ne veut rien dire. On a un lien si puissant. Tony n’arrête pas de dire que j’ai l’esprit d’une femme de soixante ans.  Je trouve ça très amusant. Tony m’a adoptée. C’est un homme extraordinaire. Je suis vraiment moi-même à ses côtés, ça m’aide à être l’interprète que je suis vraiment.  Vous savez, Tony est vraiment sexy et très coquet. C’est un mentor, un ami. On a un point commun, une sorte de rébellion en nous. Tony en a vraiment dans le pantalon. Et moi aussi. On est une sorte de Bonnie & Clyde. »

A noter par ailleurs que Tony Bennett a dessiné le nouveau tatouage de Gaga, une petite trompette sur son bras droit…

Interview à retrouver ICI en audio sur RTL.