Série TV sur France 2 : Jean-Hugues Anglade parle de la série « Le Passager » (INTERVIEW)

  • Carole Roldane
  • 14 octobre 2015

Le vendredi 6 novembre à 20h55 sur France 2, vous pourrez suivre la série « Le Passager » dans laquelle joue le comédien Jean-Hugues Anglade avec Raphaëlle Agogué, Michaël Cohen, Jacques Weber ETC.

Une série adaptée par Jean-Christophe Grangé et liée à son propre roman « Le Passager » pour ce thriller d’EuropaCorp basé sur un psychiatre et une femme flic enquêtant sur des crimes inspirés de la mythologie grecque. Un rôle psychologique dont Jean-Hugues Anglade nous parle :

Très physique et psychologique, cette série est un défi. En quoi vous a-t-elle intéressé ?
Jean-Hugues Anglade :
« Justement parce qu’elle est particulière. Elle surfe aux frontières du thriller psychologique, un peu sur le modèle des romans à tiroirs. On y entre comme dans un labyrinthe où les histoires, les destinées se reflètent les unes dans les autres. Chaque réponse, chaque découverte ouvrent sur de nouvelles portes et d’autres encore… et plus on avance plus le mystère s’épaissit. C’est inquiétant, énigmatique et intriguant.
Je trouve que la grande force de cette série tient en ce personnage que l’on suit dans son voyage, dans sa quête d’identité. On se pose les mêmes questions que lui au même moment. Qui est-il ? Est-ce lui le meurtrier ? Lorsqu’enfin il réussit à prendre appui sur ce qu’il croit être une certitude, le sol se dérobe à nouveau sous ses pieds et il repart sans relâche. Il mène, en fait, une double enquête sur les meurtres et sur lui-même et nous cheminons à ses côtés. Il me rappelle un peu mon personnage dans Nocturne indien, d’Alain Corneau… »

Que pouvez-vous dire de Mathias Freire ?
« C’est un homme qui est sans arrêt au bord du gouffre. Un gouffre d’images fragmentées qu’il essaye de relier entre elles pour reconstituer le puzzle de son identité. Plus il trouve de morceaux, plus l’image est floue. C’est un combattant. Il combat pour revenir à la vie. Sa grande qualité est justement son opiniâtreté à connaître la vérité sur lui-même« .

Comment et pourquoi en vient-il à enquêter aux côtés du capitaine Anaïs Chatelet ?
« Elle vient l’interroger sur un de ses patients au cours de l’enquête sur le premier meurtre. Elle le prend d’abord pour un adversaire puis un suspect potentiel. Mais plus ils avancent en parallèle, plus ils tombent dans un abîme où ils s’épuisent. Chacun jouant sa partition personnelle en contrepoint avec celle de l’autre. Opposés et inlassablement ramenés l’un vers l’autre. Ils sont indissociables« .

Comment avez-vous réussi à construire ce personnage aux multiples facettes ?
« Avec Jérôme Cornuau, le réalisateur. Il a une vision très claire de ce qu’il cherche à montrer. Même si l’histoire de Jean-Christophe Grangé se décrypte de manière complexe, Jérôme la raconte de façon limpide. Heureusement, sinon en tant qu’acteur je me serais très vite perdu. Par exemple, nous avons d’emblée décidé de conserver les traits principaux de Mathias Freire sans les modifier de manière notable lorsqu’il passe d’une identité à une autre. On le « plongeait » dans des bains de personnalités différentes mais il restait lui-même. Nous avions peur de tomber dans la caricature en forçant le trait. La métamorphose devait se développer intérieurement. Nous la trouvions plus troublante ainsi« .

Mathias Freire mène son enquête à la manière d’un policier. Est-ce que les flics comme Eddy Caplan ou Adamsberg, dont vous avez été l’interprète, vous ont aidé ?
« D’une certaine manière, oui. Adamsberg, certainement. Son côté poétique, intuitif est proche de la sensibilité de Freire. Ils m’ont aidé aussi à élaborer un personnage sur la durée. Lorsqu’on a commencé à jouer dans Le Passager, je venais de boucler le tournage de la saison 3 de Braquo. J’étais dans une sorte d’énergie puissante qui m’a soutenu pour développer ce psychiatre si complexe« .

Trois mois et demi de tournage et beaucoup de scènes d’action. Vous êtes-vous préparé physiquement ?
« Comme je le disais, je sortais du tournage de Braquo. J’étais affûté et un peu crevé aussi. Mais avec Jérôme, j’étais en confiance car j’ai vite compris qu’il prenait un soin tout particulier à gérer l’énergie des acteurs. Lorsqu’il mettait une scène en place, il faisait en sorte qu’on puisse la boucler dans le temps imparti sans la refaire 150 fois. Et puis, on prend un rythme, on puise dans ses ressources et puis après on se repose !« .

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Le 18 novembre 2015 au cinéma Jean-Hugues Anglade jouera aux côté de Louise Bourgoin et Anne Benoit dans le film « Je suis un soldat ».

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