Soldes d’été : ils débutent dans un contexte complètement inédit et incroyable !

Soldes d’été : ils débutent dans un contexte complètement inédit et incroyable !

  • Valerie Hommez
  • 16, juillet 2020 à 21h12

Alors que les soldes d’été débutent officiellement ce mercredi, soit trois semaines plus tard par rapport à la date normale, les commerçants sont heureux de pouvoir tenter d’éliminer leurs stocks, mais se montrent également très inquiets après des pertes de chiffre d’affaires jamais connues dans l’industrie du commerce de détail.

Cette période de soldes est donc très attendue par les commerçants, mais beaucoup se posent un bon nombre de questions, pour savoir si les consommateurs seront présents au rendez-vous et s’ils pourront rattraper le retard accumulé en seulement quelques semaines. Une course contre la montre qui se terminera le 11 août 2020, date de la clôture de la période des promotions d’été. Il faut bien avouer que plusieurs facteurs jouent dans l’angoisse que les professionnels connaissent en cette période bien difficile de double crise, celle de la crise sanitaire, et celle de la crise économique.

 

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Premièrement la frilosité du public à dépenser de l’argent alors que l’incertitude règne toujours sur les mois à venir, et que dans un deuxième temps, cette période de doute a réellement démarré en 2019 et a fragilisé le portefeuille des Français qui se montreront peut-être fébriles à l’idée de toucher à leurs économies. Mais, si le monde du textile en cette période de soldes, généralement symbole d’affluence, veut croire à un rebond, les règles sanitaires en place seront peut-être une barrière supplémentaire au réflexe d’achat des Français cette année. Du côté des commerçants, ces mesures particulières ont évidemment un coût, puisque beaucoup d’investissements ont dû être consentis pour respecter au mieux tous risques de propagation du virus.

Installation de protections aux caisses par des séparations en plexiglas, présence de gel hydroalcoolique aux quatre coins du magasin et bien évidemment à l’entrée, du personnel pour contrôler le port du masque. Il faut ajouter à cette liste des moyens humains qui permettent le nettoyage et désinfection systématique de tous les lieux, mais aussi de tous les vêtements. Autant de mesures qui ont évidemment un coût important. Selon un rapport de l’Insee publié vendredi, il s’agirait d’une chute de 45 % dans le commerce de détail et non-alimentaire entre avril 2019 et avril 2020, une chute vertigineuse dont il n’est pas certain, que ces soldes d’été puissent combler de manière efficace, le trou béant généré par cette abstinence d’achat.

En volume, en 2020, la consommation des ménages en biens, a baissé de 17 % au mois de mars et de 34 % au mois d’avril par rapport au même mois de l’année précédente, avant de se redresser en mai, où elle n’était plus inférieure que de 8 % par rapport à 1 an auparavant ” précise l’INSEE dans son rapport. Bien que d’un autre côté, certains chiffres montrent que les Français n’ont jamais autant épargné durant cette période, l’incertitude actuelle qui règne toujours ne semble pas être un signe pour débloquer ses montants mis de côté pour des jours meilleurs.

Si, selon une étude du cabinet de conseil BCG, réalisée auprès d’un peu plus de 9 000 consommateurs en Chine aux États-Unis et en France, 56 % des Français attendent de fort signaux de reprise avant de se rendre à nouveau en magasin, d’après cette même étude, il y a deux secteurs qui seraient encore plus touchés que les autres. Il s’agit du secteur du luxe et celui de la mode : “ 34 % des consommateurs prévoient de dépenser moins dans les 6 prochains mois, même constat pour l’habillement féminin à l’exception de la Chine paradoxalement très peu touchée “.

En effet, malgré que la pandémie ait touché violemment le continent asiatique, il semblerait que les achats des Chinois, mais aussi des Japonais ne voient pas une réduction importante, notamment pour les pièces des grandes marques de luxe. Même si cela semble être une bonne nouvelle pour l’industrie haut de gamme, dont la France reste le numéro 1 et le plus grand ambassadeur, ces perspectives ne pourront à, elles seules, permettre de renverser la tendance.

Alors que plusieurs syndicats de commerçants avaient demandé fin juin au gouvernement de pouvoir alléger les mesure sanitaires afin de donner un signal encourageant aux acheteurs, et de les inciter au retour en magasin, le protocole a encore été renforcé. Puisque lors de son allocution du 14 juillet, le Président Emmanuel Macron a annoncé que le masque deviendrait obligatoire dans tous les lieux clos à partir du 1er août 2020. ”

Pour les acteurs de notre secteur, la jauge d’une personne de 4 mètres carrés de surface résiduelle et le placement à l’isolement des produits durant 24 heures, rendent difficile le parcours d’achat des clients et l’organisation en magasin ” annonçait Monsieur Petiot de l’Alliance du commerce. Une association qui regroupe tous les acteurs du textile et de l’habillement, et qui plaide depuis le mois de mars pour des mesures qui permettraient aux commerçants d’écouler le stock accumulé.

Les chiffres de ces soldes d’été sont donc attendus avec impatience par les professionnels du secteur, mais aussi par les observateurs de l’économie de notre pays pour guetter les premiers signes d’une reprise de la consommation. Du côté des clients, se posent également beaucoup de questions.

À savoir, dans quelles conditions se dérouleront ces soldes, et bien évidemment, savoir si cette année 2020, ce sera le moment de réaliser de belles affaires. Seule période de l’année pendant laquelle les commerçants sont autorisés à vendre à perte, les consommateurs attendent avec impatience de découvrir les réductions affichées dès le début de cette période de rabais. Doté de stocks importants et d’une trésorerie fortement entamée, les responsables des boutiques auront peut-être la tentation d’effectuer des démarques très agressives afin d’écouler le plus rapidement possible leur marchandise, une véritable aubaine pour les fans de shopping.

Difficile de savoir quel visage auront ces soldes d’été, et si elles seront profitables aussi bien pour les commerçants que pour les consommateurs. Il faudra attendre le milieu du mois d’août pour connaître les véritables chiffres et le véritable impact qu’aura eu la crise sur la consommation dans le secteur du non-alimentaire, mais dans quelques jours, les premières ventes devraient néanmoins déjà donner une tendance sur les intentions d’achat. Reste à espérer que ces soldes pourront se réaliser dans d’excellentes conditions sanitaires et qu’elles permettront aux commerçants d’enfin pouvoir sortir la tête hors de l’eau après cette période historiquement difficile.