Téléfilm…Lætitia Casta incarne Arletty sur France 2 (INTERVIEW)

  • Carole Roldane
  • 11, février 2015 à 8h32

Il va y avoir de “L’Atmosphère, atmosphère” sur France 2 avec la belle Lætitia Casta qui va incarner la comédienne Arletty qui a vécue une passion coupable pendant la Seconde Guerre mondiale, entre Léonie Bathiat et Hans Jürgen Soehring, officier allemand rattaché au conseil de guerre de la Luftwaffe à Paris.
L’actrice, plus connue sous le nom d’Arletty, vit alors une passion intense, mais ravageuse…
Lætitia Casta incarne celle qui fut une femme de tête – immortalisée par sa célèbre réplique Atmosphère, atmosphère… –, en même temps qu’une amoureuse éperdue.

Comment ce film est-il né ?
Très simplement. Arnaud Sélignac m’a présenté le scénario du film. Même un peu romancée, cette fiction est proche de la réalité. J’y ai découvert Arletty, une femme que je ne connaissais pas. Et j’ai eu envie de raconter cette histoire. Une histoire d’amour bien surprenante qui s’inscrit dans un contexte singulier. Une histoire qui montre à quel point, dans certaines situations, l’humain peut changer. C’est ainsi qu’Arletty est venue à moi !
Le film décrit aussi un milieu très particulier pendant la guerre, un petit monde qui, derrière les bulles de Champagne, n’était pas très conscient de ce qui se passait.

“Tomber amoureuse de quelqu’un dont les idées ou les amitiés sont inacceptables doit être très difficile à vivre, mais je pense que c’est possible”

La personnalité d’Arletty vous émeut-elle ?
J’ai été séduite par le personnage d’Arletty, par la liberté et la modernité de cette femme. La femme m’a plus intéressée que l’artiste. C’est pour cela que je me suis lancée : si j’avais dû incarner l’artiste, ce rôle aurait été extrêmement difficile, car je ne ressemble pas du tout à Arletty. Je me sentais très à l’aise, en revanche, pour raconter une histoire d’amour, quelque chose d’absolument idéal.

Comment vous êtes-vous préparée ?
Je n’ai pas essayé d’être le personnage, mais d’apporter un peu de moi vers lui. Un esprit documentaire du genre « copier-coller » n’aurait pas pu toucher le public de la même façon. Il fallait cette humanité. Cela m’a aussi permis de montrer un peu mon caractère. J’ai disposé pour cela d’un espace dans lequel j’ai pu m’exprimer.
Pour m’imprégner, j’ai regardé beaucoup de films. J’ai cherché les points communs qu’il pouvait exister entre Arletty et moi. Arletty a par exemple été mannequin. Elle a une manière bien précise de marcher que je connaissais ; elle a aussi une manière très particulière de se tenir, avec le dos arrondi : je me suis rendue compte que ce dos arrondi est, chez elle, une façon de parler.
Et puis, il y a toujours dans ses yeux quelque chose de singulier. J’ai observé son regard et j’ai réalisé qu’il me donnait la parole. Pas besoin de voir un spécialiste de la voix pour apprendre à parler comme Arletty. Je suis allée chercher en moi, me disant : « Tiens, là, je la comprends ! » ou bien « Comment aurais-je fait à sa place, comment aurais-je réagi ? » Aimer ses personnages, avoir envie de les défendre, c’est important. Peu à peu, les choses se sont ainsi mises en place toutes seules. Je me suis fait confiance : « Laisse faire, ne cherche pas et surtout amuse-toi ! ». Petit à petit, Arletty m’est apparue. Et je me suis amusée !

Les décors et costumes, très soignés, vous ont-il aidée à vous approprier le personnage ?
Tout est important. Venant du milieu de la mode, j’accorde beaucoup d’attention aux costumes, ainsi qu’à la coiffure, au maquillage. Pour Arletty, je me suis faite aider de la personnalité talentueuse du costumier David Belugou. C’était très intéressant de travailler avec lui, car il vient du monde du théâtre : il a le goût des couleurs, le goût des matières, il prend des risques.

Est-ce que ce film prend la défense d’Arletty ?
Il y est surtout question de mieux la connaître, de la faire connaître… et aussi d’aller chercher un peu au-delà de ce que l’on a pu nous raconter sur elle. Ce qu’elle a vécu est extrêmement dur. Je pense qu’elle avait une personnalité très spéciale, voire ambiguë. Elle aimait tellement la liberté qu’elle ne s’est pas tue. Elle a pris des risques énormes. Alors qu’elle sortait avec une résistante, elle est tombée amoureuse d’un officier allemand. C’est culotté ! C’est Arletty ! Et cela veut aussi dire : « J’aime tout le monde », « J’aime qui je veux » ! Et pourquoi pas ? Par amour, elle a été très loin. C’est une femme de tête, extrêmement moderne pour l’époque. Elle en a payé le prix fort ; elle a eu le coeur brisé, sa vie brisée !

Peut-on tomber amoureux de quelqu’un dont les idées ou les amitiés sont inacceptables ?
Cela doit être très difficile à vivre mais je pense que c’est possible. Au début, Arletty a apparemment tout fait pour résister à cet homme. Puis, elle a été subjuguée par ses grands yeux bleus qui lui rappelaient Ciel, son premier amour disparu au front. On touche là son point faible. En amour, on reproduit toujours les mêmes erreurs ! Cette liaison était dangereuse et elle a souvent été menacée personnellement.
Pour lui, c’était extrêmement compromettant aussi de de tomber amoureux d’Arletty qui avait une histoire d’amour avec une femme résistante, pour laquelle il a risqué sa vie. Il est d’ailleurs redevenu simple soldat.

L’amour fait oublier tout le reste ?
Pas tout à fait. Au moment où elle tombe enceinte de Hans, Arletty pourrait garder l’enfant, mais elle choisit la France. Elle n’a pas voulu de ce bébé dans ce monde-là, avec un père comme lui, parce qu’ils étaient en guerre. Qu’aurait-elle pu lui donner comme avenir ? Dans une histoire d’amour, tout est beau au départ. Et puis, il y a la réalité. On se rend compte alors de tout ce qui est impossible. Là, elle est réaliste.

Vous reconnaissez-vous un peu en Arletty ?
Je pense que je suis quelqu’un de plutôt idéaliste. Certaines valeurs me touchent. En particulier, je veux défendre les libertés de la femme.